Denièrres nouvelles des étoiles. Blog notes numéro 6

Publié le par Adam Pianko

Dix novembre 2005.

 

 

Dans le monde aujoud’hui, il se passe des choses extraordinaires, et dans le ciber monde aussi. Sur mon blog en tous cas, j’assiste à un mystère, un phénomène déconcertant, que je ne parviens pas à m’expliquer, ni même pas à identifier avec précision. Ce qui m’inquiète surtout à propos de ce mystère, c’est qu’il me semble, que je ne suis pas sûr de ne pas avoir moi-même contribué à le créer, par un petit mensonge que je vous ai fait. Car il faut que je vous l’avoue, amis bloggeurs, visiteurs fidèles ou intermittents, il y a un point sur lequel depuis quelque temps, je ne vous dis pas la vérité.

 

Contrairement à ce que j’ai affirmé dans plusieurs de mes articles, et particulièrement dans le dernier «  blog notes », cinquième du nom, intitulé «  Commentaires sur commentaires », mes commentaires sur l’absence des votres, il n’est pas vrai que vous ne m’en laissez pas. Ca l’a été dans les débuts, mais ça ne l’est plus. Des messages aujourd’hui j’en reçois, et je dirais en nombre assez conséquent. Si néanmoins je ne m’estime pas encore satisfait, c’est que la plupart d’entre eux, au lieu de les déposer sur mon blog, où j’ai pourtant prévu plusieurs rubriques à cet effet, vous me les envoyez sur ma boite aux lettres personnelle, qui en principe n’est pas faite pour ça. 

 

Ceux d’entre vous qui ont comme moi un blog à faire tourner savent qu’un des moyens de s’attirer de la fréquentation consiste à aller sur d’autres sites, à participer à des forums de discussions. Là, on dépose l’adresse de son blog, mais également celle de sa messagerie, et c’est sur cette adresse là, que malheureusement je trouve l’essenciel de votre courrier.  Je dis malheureusement, car je suis alors le seul à y avoir accès, le seul, en dehors de leurs auteurs, à en connaître le contenu.

 

Il y a quelques semaines, j’ai reçu un conseil à ce sujet. « Tu devrais prévoir une rubrique réservée à des commentaires généraux, en plus de celles qui sont affectées à chaque article en particulier ». C’était signé « Dernières nouvelles des étoiles ». Sur le moment, je n’accordai aucune signification particulière à ce pseudo, et pas grande importance à ce qu’il disait, agacé que j’étais par le fait que ce message m’arrivait pas par voie de couriel, signe que son auteur ne se souciait pas de porter remède à une situation qu’il prétendait  pourtant vouloir m’aider à améliorer.   

 

Ce n’est donc qu’avant-hier que j’ai appelé Michel à ce propos. Pouvait-il installer une rubrique comme celle-là ? Au débotté, il ne savait pas. Il allait essayer, et c’est à ce moment là sans doute que le mystère a commencé.

 

Ceux qui tiennent eux-mêmes un blog savent par expérience que lorsqu’un commentaire est déposé dessus, ils sont immédiatement prévenus par un courrier de l’administration. « Un commentaire vient d’être posté sur votre blog,… »  avec mention précise de l’article au pied duquel ce commentaire a été mis. Dans la minute qui suivit cette conversation, il y en déjà avait un qui s’affichait sur mon bureau:. Et je n’eus pas besoin de l’ouvrir pour savoir que Michel n’avait pas perdu de temps. Aucune article particulier n’était indiqué. « Vous avez reçu un commentaire », disait le courrier é. Rien de plus.

 

Dix secondes plus tard, un autre couriel arrivait. Pendant une heure, ce fut un mitraillage ininterrompu. Les commentaires affluaient sur mon blog. Ils étaient si nombreux, que j’hésitai à les ouvrir immédiatement. Il était tard, j’avais sommeil, et je remis la chose au lendemain. J’éteignit mon PC, et allai me coucher.

 

C’était avant hier soir. Hier matin j’y suis retourné, mais quand j’ai voulu cliquer dessus, tous les messages de la veille avaient disparu. Il n’y en avait plus trace sur mon blog. Plus de rubrique générale, plus de commentaires, rien.

 

Michel, mon  web master n’est pas connu pour être du matin. Tout le monde le sait, et moi aussi. Mais face au mystère auquel je me heurtais, je pris le risque de le réveiller. « Qu’est-ce que tu as fait, avec cette nouvelle rubrique ? Je n’arrive plus à mettre la main dessus ! »

 

Il me répondit en bougonnant, qu’il ne savait pas de quelle rubrique je lui parlais. Il n’en avait ouvert aucune, et n’avait pas fermée non plus. Il avait essayé de l’ouvrir, mais sans succès. Il se promettait de recommencer, de s’y remettre dès qu’il pourrait.

 

- Mais Michel, je l’ai vue cette rubrique, hier soir, avant de me coucher. Il y avait des dizaines de messages affichés dessus.  

 

Il m’a pour ainsi dire raccroché au nez, « Je me recouche m’a-t-il dit, je te rappellerai plus tard dans la journée. »

 

 

 

 

 

12 novembre

 

De toute la journée d’hier, il n’a pas donné signe de vie. Je l’ai rappelé ce matin, où plutôt à midi, une heure où normalement il est sorti du lit. De notre conversation de la veille, il n’avait gardé qu’un souvenir confus.

 

-          - Je ne comprends rien, me dit-il à ce que tu me racontes. Je te répète que ta rubrique, je ne l’ai pas installée, et donc pas davantage désinstallée. Excuse-moi, je viens juste de me lever. Je me fais un café, et je vais sur le blog voir ce qu’il en est. Rappelle-moi dans une heure, je t’en dirai peut-être plus. 

 

Cette fois, c’est lui qui m’a rappelé, et à mon soulagement, il semblait troublé.

 

-          Je ne comprends pas ce qui se passe. Tu me disais donc que …

 

-          Que ces commentaires étaient là avant-hier soir, et qu’hier matin ils n’y étaient plus. Tu ne me crois pas ? Tu crois peut-être que j’ai rêvé ?

 

-          Non, mais peut-être que tu blaguais, que tu me montais un petit bateau. Enfin, c’est ce que j’ai crû hier, mais là….je ne sais plus.

 

-          Tu les as retrouvés ?

 

-          Oui et non.

 

-          Comment ça, oui et non ?

 

-          Je n’arrive pas à les ouvrir, mais ils sont là. 66 commentaires sont signalés sur une rubrique dans l’existence de laquelle en ce qui me concerne, je ne suis pour rien. Elle est venue toute seule, je ne ne vois comment. Peut-être les administrateurs du fournissseur d’accès…je ne sais pas. Le plus étrange, c’est que si je clique dessus, il n’y a rien qui vient. Sauf le nom de la rubrique. Regarde toi-même. Qu’est-ce que tu lis ?

 

 « Dernières nouvelles des étoiles. » Aux trois catégories qu’il m’avait installées au départ, une quatrième était venue s’ajouter :

 

-          Ca ne te dit rien ? me demanda Michel.

 

C’était sous ce pseudonyme que j’avais reçu le conseil pour lequel je lui avais  téléphoné.

 

- « Dernières nouvelles des étoiles », Maintenant je comprends tout. Ce facteur céleste a dû trouver que je tardais à  suivre son conseil. Il s’est donc décidé à le mettre lui-même en application. Ca doit être un sacré hackeur, pour avoir pénétré sur l’administration de mon blog sans connaître mon code secret.

 

Michel ne semblait pas convaincu.

 

-          Tu as peut-être raison, mais même dans ce cas, ça n’explique pas tout. « Dernières nouvelles des étoiles », C’est peut-être le pseudo de ton conseilleur, mais c’est surtout le titre d’un livre. Un recueil de chansons. L’intégrale de Gainsbourg. Ecoute-moi bien. Ce livre, depuis des semaines, j’essaie de me le procurer. J’ai voulu l’acheter, aucun libraire ne l’a. J’ai voulu le commander, il est épuisé. Même chez Plon son éditeur, où  je connais quelqu’un, ils n’ont pas pu me le procurer. J’ai voulu l’emprunter dans une bibliothèque. A l’Alcazar, ils ne l’ont pas. A Saint André non plus. J’ai appelé toutes les bibliothèques en ville, même celle de l’Université. Toutes ont eu un jour ce livre, et aucune ne l’a plus. Personne n’a su me dire pourquoi, pourquoi ils ont mis au rebut l’exemplaire qu’ils avaient. Ce matin, je trouve un colis dans ma boite aux lettres. Qui me l’a envoyé ? Je ne sais pas. Il n’y pas de nom d’expéditeur sur le paquet. Je l’ouvre, et je trouve ce putain de bouquin. Un exemplaire tout neuf, sur lequel un certain nombre de pages sont signalées par un stilet. Depuis une heure, je les parcours. Toutes les chansons ainsi désignées ont un point commun : Elles parlent toutes d’une personnage féminin.

 

-          Ca ne veut rien dire, un personnage féminin. Toutes les chansons de Gainsbourg ne parlent que de femmes.

 

-          Pas du tout, elles parlent d’un tas d’autres choses. Alice, Bijou, Marie Pop ou Marie Lou. « Sait-on jamais où va une femme quand elle vous quitte ». « Une enfant peu sage enfermée dans un lit cage ». Je les ai comptées. En fait, il n’y en a que 76 qui traitent précisément de ce sujet, pas une de plus.

 

-          Et alors 76, ça prouve quoi ?

 

-          Ces 76 chansons me sont signalées par un marque-page. Mais si de cette liste, je retire celles dont l’héroïne est une femme réelle, une de celles que Gainsbourg a réellement connues, Bardot, Birkin, Charlotte ou Bambou, alors il n’en reste plus que 66. 66 chansons. 66 messages disparus,  Qu’est-ce que cela peut bien  vouloir dire, d’après toi ?

 

Je n’en avais aucune idée. Michel n’en avait pas non plus. C’est en tous cas ce qu’il m’annonça, mais comme j’insistais, il finit par m’avouer qu’il avait un soupçon. Un soupçon assez vague, qu’il préférait ne pas me révéler, pas avant en tous cas de l’avoir vérifié. Ce serait, me dit-il avant de raccrocher, à cette tache, la vérification de son soupçon, ou l’élucidation de ce mystère, dans l’hypothèse où son soupçon ne serait pas fondé, qu’il souhaitait que consacrions notre prochaine cession de travail, notre prochaine matinée du mardi.

 

Publié dans BLOG NOTES

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Commenter cet article

Lenaig 18/11/2005 21:00

C'est vrai que les mystères de l'informatique sont parfois impénétrables....

Je visite souvent votre site depuis que vous m'avez communiqué son adresse (repas de la fête du livre de Saint-Étienne), bien sympathique. Cependant, une petite faute d'orthographe me titille depuis un moment : dans le bloc Lien à gauche, je vois le mot ACCUEIL écrit ACCEUIL.
On attend quand même la fin de cette fameuse histoire.

céline 17/11/2005 11:53

C'est une sacrée énigme, trouver le lien entre gainsbour et l'année 87, je cherche encore.

senhal 14/11/2005 23:16

oui...

elisabeth doublet 11/11/2005 10:54

en tout cas, c'est une très belle histoire...