septième extrait

Publié le par Adam Pianko

Lorsqu'en mars 1938 la Wehrmacht  envahit la Tchecoslovaquie,  notre armée polonais commença à sortir de son apathie.  Les classes en âge de se battre furent partiellement mobilisées. Sous l'effet de ce état d'esprit, les conditions de mon service militaire se dégradèrent.  Perdant la libre disposition de mes après-midi, je fus contraint d'abandonner la marche de mon magasion aux seuls soins de mes associés. Mon colonel me noyait  sous les directives. Il n'y était question que de fourrage, d'écuries, de maréchaux ferrants, de brides, de selles et de cirage. La seconde guerre mondiale venait de mordre sa première victime, mais nos gradés continuaient à se préparer à  un concours hippique. Aucun doute n'éffleurait leur esprit. Le moment venu, notre armée de centaures galoperait d'une traite à la victoire.
     Nombreux étaient ceux en Pologne qui partageaient cet avis, même dans mon quartier.
    - Hitler ferait bien de se tenir tranquille, entendais-je dire autour de moi. S'il ose attaquer la Pologne, en moins d'une semaine il sera liquidé.
    Je ne partageais pas ce martial optimisme. Persuadé de la défaite inéluctable de la Pologne, mon conviction de s'appuyait sur aucune analyse de la situation, mais sur le sentiment qu'Hitler m'inspirait.
    Le personnage me terrifiait. Ses menaces contre les Juifs, je les prenais personnellement pour moi; ses imprécations contre les Polonais aussi. A elle seule, sa voix me plongeait dans la panique, indépendemment de ce qu'il disait. Sans chars, sans artillerie, sans le moindre avion, il me semblait qu'elle mettrait en déroute toute notre cavalerie.

Publié dans la mélodie

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